Le retour des fiches de lectures!!
Un retour ? Oui, car ça faisait un petit bout de temps que je n’avais pas pris la peine de chroniquer mes lectures ici.
Pourquoi ? Pour plusieurs raisons : tout d’abord moins de lectures (cette année étant maintenant bien lancée, je m’aperçois que je n’ai encore une fois pas pu m’empêcher de lancer de multiples projets. Le temps est une donnée finie, pas les envies…) et deuxième raison, des lectures qui m’ont moins touchées. Ce n’est pas que j’ai particulièrement envie de ne parler que des livres qui m’ont plu, mais plutôt de ceux qui sont pour moi une expérience de lecture, ceux qui ne me laissent pas indifférents, ceux qui, une fois reposés, qu’on ait aimé ou pas, vous laisse un arrière goût savoureux de réflexion, des images sur lesquelles méditer, des phrases à faire rouler sous la langue. Comme un bon plat (épicé ou non, sucré ou salé), un bon livre doit nourrir et ravir les papilles à la fois.
Donc trois ouvrages cette fois-ci :
- UW1 de Bajram : du bon, du très très bon, mais…
Sur les conseils d’un ami, j’ai eu la chance de découvrir cette série directement en intégral. 6 tomes à lire sans pauses avec la fin de la série est toujours appréciable quand on découvre une série. Ça change un peu des nouveautés où il faut attendre des années pour connaitre la suite.
Bref!
Universal War One est un space opéra au dessin minutieux et agréable. L’ambiance, très riche, s’apparente clairement à science fiction puisque le principal propos de la série est d’explorer les dimensions du temps et ses paradoxes avec un parti pris, un positionnement très intéressant pour la narration. Bien que mes connaissances sur ces questions soient insuffisantes pour juger de la véracité des fondements physiques, cela sert merveilleusement bien le propos. Bajram nous sert ici un ouvrage dense au scénario très bien ficelé.
Pour résumer, c’est un très bon moment de lecture, très stimulant, malgré une fin que j’ai trouvé très décevante. Les cinq dernières pages m’ont désappointé. Je trouve personnellement qu’elles n’apportent pas grand chose à l’histoire à part l’impression qu’il utilise une pirouette scénaristique facile… ce qui n’enlève rien au reste de la série qui est vraiment bien foutue.
En gros, je conseille malgré une légère déception sur la fin.
- Axiomatique de Greg Egan :
Greg Egan est pour moi l’auteur incontournable de hard SF de ces deux dernières décennies. C’est le premier à m’avoir fait comprendre, ou plus exactement à m’avoir proposé des images des théories quantiques compréhensibles et crédibles.
Axiomatique est un recueil de nouvelles qui, encore une fois, ne m’a pas déçu. Je pourrais ici m’attarder à faire une longue fiche de lecture, vous expliquer tous les thèmes qu’il aborde pour traiter toujours de la même question : qu’est ce que l’individu aujourd’hui ? Comment notre compréhension actuelle du monde nous permet de changer notre vision de nous même ? Mais cela a déjà été fait (et très bien je trouve) sur le site d’actuSF. Je vous mets donc le lien : http://www.actusf.com/spip/article-8715.html
À vous de juger donc, cet incontournable recueil de SF (pure et dure). Si vous n’aimez pas la SF et l’anticipation sur des technologies modernes, par contre, je vous conseillerais plutôt de passer votre chemin… Il faut je pense, pour apprécier Greg Egan, être vraiment réceptif aux propos traditionnels du genre.
- Blanche Neige contre Merlin l’enchanteur de Catherine Dufour :
Après Blanche neige et les lance-missiles, ouvrage dont j’ai déjà parlé ici, je me suis tenté la lecture de ce deuxième tome de la série Quand les dieux buvaient. Enfin, deuxième, pas vraiment. Ce livre de poche regroupe le troisième et quatrième tome, ce dernier étant en fait le tome zéro. Vous suivez ? (il semblerait que le cinquième sera le tome -1)
Eh bien, je suis sorti beaucoup plus convaincu de ce deuxième tome. Il me semble que la langue et le rythme de récit de l’ouvrage sont davantage maîtrisés ici. On retrouve toujours le style bien particulier de Dufour et sa capacité étonnante à détourner les contes et les mythes les mieux connus, à utiliser les événements historiques en les éclairant d’un point de vue très … original, pour servir son récit. Ce que j’aime particulièrement, c’est cette furieuse impression, rendu à la moitié, voire même aux deux tiers de ces livres de ne plus du tout savoir où elle nous emmène, si elle se fout définitivement de notre gueule, ou si elle a tout simplement conscience qu’elle s’adresse à un lectorat, quel qu’il soit. Et bien, je suis bien obligé de reconnaître que si. Elle sait où elle va et nous y emmène de la plus belle manière : les chemins détournés. Elle nous fait faire du tourisme, elle fait de la grande histoire avec des petites histoires, mais tout est utile, et c’est bien le plus surprenant. Qu’elle parle d’une chenille au nom imprononçable ou d’un roi alcoolique, ses personnages ont toujours une raison d’être. Il est vrai que remonter à la troisième génération pour introduire un personnage qui agira sur le cœur de la quête paraît toujours un peu superfétatoire, mais le pire, c’est qu’elle arrive à nous convaincre que c’était utile.
Les livres de Catherine Dufour sont complètement déjantés … J’adore !!!


